Waarom moet Assad weg? Het maakt deel uit van een omsingelingsplan van Iran. De Arabische Liga wil een shiitische as Iran-Libanon-Syrie vorkomen. De Shiiten zijn de overwinnaars van de Amerikaanse interventie in Irak, ten detrimente van de aanstichters ervan: Israel. Lees voorts bijdrage 1 hieronder;
Waarom wordt Iran voorgesteld als de aggressor door Israel, maar zal de USA het nooit aanvallen? Het heeft Iran nodig als steunpunt voor de shiitisch-persofone bevolking van het Midden-Oosten en als springplank voor de Turkmenen (in verzet in Xinjiang), om zo de Chinezen af te snijden van belangrijke gasvoorraden. Lees voorts bijdrage 2 (Frans)

Pourquoi la Syrie est-elle objet de critique occidentale? Parce que le bouleversement du regime fait part d’une politique d’isolement de l’Iran , voir la contribution 1. ci-dessous.
Pourquoi l’Iran ne sera-t-il jamais attaqué par les Etats-Unis? voir la contribution 2. ci-dessous

Contribution 1:

Que motive la position anti-syrienne actuelle ? La Syrie est principalement devenue une victime parce qu’elle est proche de l’Iran. Le renversement du régime actuel fait partie d’un plan d’isolement de l’Iran. Cependant, le rapprochement de Damas avec Téhéran s’est produit parce qu’ le conflit israélo-arabe n’est pas résolu. Je me souviens qu’au cours d’une conversation avec Hafez al-Assad – père de l’actuel président syrien –, ce dernier m’avait dit qu’il s’efforcerait de ne pas rester « seul à seul avec Israël ». L’absence de résolution du dangereux conflit au Moyen-Orient, caractérisé par une tendance constante à l’escalade vers la phase de crise, a incité Damas à créer, au cas où, une « base arrière » iranienne.

Pourquoi les pays arabes ont-ils également, pour la plupart, pris position contre le régime de Bachar al-Assad ? La cause principale est le conflit croissant entre les deux grandes tendances religieuses de l’Islam, les sunnites et les chiites. Suite à l’opération militaire américaine en Irak, ces contradictions se sont renforcées. Le gouvernement syrien est principalement constitué d’alaouites, un courant proche du chiisme. La Ligue arabe, qui unit dans leur écrasante majorité des Etats sunnites, s’est mise à redouter la création d’une « ceinture chiite » de l’Irak au Liban, e passant par l’Iran et la Syrie.

Que pourrait-il arriver en cas de renversement du régime syrien actuel ? Il serait bon que les auteurs du projet de résolution du Conseil de sécurité de l’ONU rejeté se penchent sur cette question. Il existe suffisamment d’exemples assez éloquents de ce à quoi peut mener une politique irresponsable au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. Il convient impérativement de lui opposer des efforts collectifs, sans lesquels on ne pourra empêcher à terme que la situation ne glisse vers le chaos et la guerre civile, provoquant finalement l’échec des mesures si nécessaires à la résolution du conflit israélo-arabe.

Evgueni Primakov

Contribution 2.

Iran : Rumeurs d’une guerre qui n’aura pas lieu !
26.06.2010

Il y a une semaine, la presse israélienne a affirmé qu’une douzaine de navires de guerre américains (dont un porte-avions) et un navire de guerre israélien avaient traversé le Canal de Suez avec la collaboration discrète de l’armée égyptienne pour faire route vers la mer rouge. L’annonce est devenue par la suite une rumeur sous l’effet de sa reprise par certains sites qui aiment prétendre disposer d’infos secrètes, ce qui a donné lieu à des rumeurs d’une frappe imminente des installations nucléaires iraniennes. Ce n’est pas la première fois que de telles choses arrivent. Les autorités américaines ont pour leur part ni confirmé, ni démenti. Cela n’est pas non plus une attitude inédite : tout au long de la présidence Bush en parallèle aux efforts diplomatiques intenses pour renouer le dialogue avec Téhéran en vue d’une entente vitale pour les Etats-Unis, les autorités américaines avaient frappé sur les tambours de la guerre. A l’époque, notre pronostic était qu’il n’y aurait pas de guerre, nous le maintenons : il n’y aura pas de guerre, mais nous assistons à un retour des tambours de la guerre dans une version plus efficace.

Depuis 8 ans, on entend régulièrement des sites pro-israéliens ou pro-palestiniens tenus par des passionnés annoncer régulièrement des attaques imminentes contre l’Iran sur la base de rumeurs qualifiées de source militaire sûre. Une bonne vingtaine d’attaques de ce genre ont été annoncées et ont occupé les esprits sans avoir lieu, rasant l’Iran (selon la formule affectionné par ces sites), car Washington a besoin d’une alliance avec les mollahs iraniens, chiites et persanophones pour contrôler deux sites vitaux pour son avenir : l’Asie Centrale (musulmane et persanophone) et le Cashmire (chiite) qui lui permettraient de priver la Chine d’une source majeure de gaz tout en créant une base-arrière de soutien aux Ouïghours. Cela lui permettrait aussi de prendre le contrôle des chiites pour créer une grande république chiite englobant le Sud pétrolier iranien, le Sud pétrolier irakien et le Nord pétrolier saoudien.

Les mollahs sont l’avenir de Washington ! En conséquence, il ne peut en conséquence pas les détruire. Cet avenir est cependant inaccessible car les mollahs refusent toute entente pour deux raisons. D’une part, ils ont peur de perdre le soutien de la rue arabe pour le Hezbollah, car cela les priverait d’une bonne capacité de nuisance, de chantage et de marchandage diplomatique et d’autre part, ils devraient au nom de la réconciliation irano-américaine autoriser le retour au pays d’Islamistes iraniens pro-américains, ce qui les expose à une perte progressive du pouvoir politique au sein de leur propre régime. Les mollahs et les Pasdaran se retrouveraient alors sous les ordres de Washington dans le rôle peu enviable d’alliés jetables inutiles après la conquête de l’Asie Centrale et le remodelage de l’Arabie Saoudite. Leur refus de toute entente reste donc sans appel, c’est pourquoi sans chercher à les détruire, Washington cherche à les affaiblir par toutes sortes de sanctions ou d’intimidations pour les pousser à accepter.

la menace tactique d’une frappe | Dans ce registre des pressions, les menaces de frappes ont une place particulière car les mollahs eux-mêmes sont depuis toujours dans une stratégie d’escalade guerrière pour laisser planer la menace sur l’approvisionnement pétrolier de l’Occident afin de le forcer à capituler. C’est leur réponse à la guerre d’usure économique des sanctions américaines. Or, on n’a jamais vu Washington donner suite aux provocations de Téhéran : il a toujours calmé le jeu et l’on n’a jamais assisté à aucune riposte militaire américaine contre Téhéran quelle qu’était sa provocation, même quand des vedettes des Pasdaran ont défié un navire de guerre américain ou encore face à la distribution d’armes aux terroristes irakiens ou aux Talibans.

Le fait que Washington n’ait pas saisi ces nombreuses occasions dénote une absence de volonté de confrontation, compréhensible par l’extrême faiblesse des Pasdaran qui malgré une supériorité numérique écrasante n’ont pas su vaincre la petite armée irakienne.

Du fait de l’impossibilité d’un combat sans une défaite entraînant la chute du régime, de notre point de vue en évoquant des frappes, Washington ne menaçait pas Téhéran : il menaçait ses alliés et partenaires commerciaux, la Russie, la Chine et la France, de reproduire le schéma de l’invasion de l’Irak qui avait eu une grande répercussion négative sur leurs intérêts géopolitiques et pétroliers. En fait, en frappant sur les tambours de la guerre, Washington entendait inquiéter ces grandes puissances pour les inciter à encourager le choix des sanctions au lieu de la guerre. Les sanctions menaçaient les intérêts de ces Etats, mais ces intérêts n’étaient pas supprimés. Les Etats concernés pouvaient espérer un compromis via des négociations multilatérales (via les Six). Washington a apprécié car Téhéran ne pouvait accepter aucun apaisement, les Six se trompaient. Il a ainsi réussi à obtenir un soutien international à de nouvelles sanctions. Washington qui en 1996 avait banni tout investissement pétrolier en Iran pour les compagnies opérant aux Etats-Unis a ajouté des sanctions bancaires à son panel de pressions pour bloquer l’accès à des investisseurs via des sociétés écran. Il est ainsi devenu le seul Etat capable de mettre fin au calvaire des mollahs.

la fin du recours à la menace de frappe | Après cette victoire, Washington a maintenu la rumeur pour justifier de nouvelles sanctions. Mais après 18 mois d’embargo financier, il s’est aperçu que ces sanctions bancaires avaient trop affaibli les mollahs : ces derniers ne pouvaient plus payer leurs miliciens et pouvaient chuter sans ce rempart contre le peuple. Washington qui avait basé la justification initiale de sa volonté de frappes ou de sanctions sur la menace nucléaire et militaire était dans l’embarras car les citoyens et électeurs américains qui ont été convaincus de cette menace exigeaient sans cesse des mesures plus fortes contre les mollahs.

un apaisement tactique | Washington devait trouver des solutions. Dans un premier temps, il a annoncé de nouvelles sanctions, mais il s’agissait d’anciennes sanctions déjà en vigueur, ce qui était synonyme d’une pause de facto dans l’adoption de nouvelles sanctions, puis étant donné qu’il évoquait les frappes dans une optique de protection d’Israël, Bush a fait savoir que l’option militaire n’était plus à l’ordre du jour car il allait livrer un parapluie anti-missiles à Israël. Puis il a insisté sur la volonté de nouer le dialogue avec Téhéran via l’ouverture d’un bureau diplomatique à Téhéran. Son successeur est allé plus loin en pérennisant la pause par l’annonce d’un gel dans l’adoption de nouvelles sanctions pour favoriser le dialogue (pour aboutir à une normalisation voire une entente).

Cette politique dite d’apaisement ne pouvait rien changer pour Téhéran sur le plan économique car Washington évitait de nouvelles sanctions, mais il maintenait son terrible embargo financier. En revanche, cette politique avait de quoi le perturber car la rue arabe ne permet à ses amis le moindre apaisement avec les amis d’Israël. C’est pourquoi avant l’arrivée d’Obama, Téhéran s’est mis à s’agiter en appelant le Hamas à rompre sa trêve avec Israël pour provoquer une guerre avant l’accession au pouvoir d’Obama qui allait l’embarrasser avec sa politique de dialogue.

une nouvelle approche pénalisante | Selon un opposant iranien, qui a des contacts au Congrès, peu avant ce conflit, Jimmy Carter s’était rendu à Damas pour rencontrer les responsables du Hamas afin de les convaincre que les Démocrates américains réputés anti-Israéliens les laisseraient faire s’ils attaquaient Israël pendant la période de transition entre Bush et Obama. Selon cet opposant, Washington avait ainsi encouragé les mollahs d’aller aussi loin pour montrer à la rue arabe qu’ils étaient incapables d’aider le Hamas pendant le conflit comme ils avaient été incapables d’aider le Hezbollah en 2006 pendant la guerre du Liban. Effectivement, les mollahs ont été incapables de mobiliser des foules encore moins de dépêcher des combattants ou des armes vers Gaza assiégé. On a alors assisté à une suractivité de la Turquie et de son 1er ministre Erdogan qui s’est distingué par un clash avec Shimon Pérès devant les caméras du monde entier en janvier 2009 à Davos. Puis il avait œuvré au niveau de l’ONU pour parvenir à pousser un Israël étrangement très vindicatif à cesser les combats alors qu’au même moment, les mollahs oeuvraient pour continuer la guerre. Cela avait porté ombrage au rôle des mollahs bien qu’ils financent le Hamas.

L’expérience a été concluante. Washington avait une carte à jouer pour discréditer les mollahs afin de les isoler (une sanction tactique) en cas d’échec de ses efforts pour parvenir à une entente par les sanctions. Mais il s’agissait d’une carte que l’on peut qualifier de difficile car il fallait un conflit autour du Hamas. Téhéran l’a d’ailleurs compris puisqu’il a changé son fusil d’épaule en évitant tout conflit militaire et en se positionnant dans une action anti-sioniste au niveau de l’ONU comme l’avait fait la Turquie pendant le conflit de Gaza. L’exemple le plus marquant est celui de Durban 2 où la Turquie n’a pas pu suivre et Téhéran a restauré son image de champion de la rue arabe.

Il y a quelques semaines, après l’échec de toutes les tentatives pour entraîner les mollahs dans un compromis, notamment par l’intermédiaire d’un pseudo accord via le Brésil, Washington a joué cette carte difficile avec l’affrètement d’une flottille anti-blocus où se trouvaient des éléments armés capables de déclencher un conflit. On ne peut savoir si Israël a, ou non joué le jeu, toujours est-il que l’association Turque chargée de l’opération qui est un organisme très proche du parti islamiste au pouvoir n’avait pas lancé d’invitation aux mollahs pour participer au voyage et de fait, il n’y a pas eu de martyr iranien donc aucune chance que Téhéran puisse profiter de ce conflit qui a donné à la Turquie une occasion en or pour devenir le super champion de la rue arabe. Après un certain flottement, Téhéran a fini par annoncer l’envoi de navires militaires pour escorter les futurs convois humanitaires alors que la marine des Pasdaran n’a pas le niveau requis pour ce genre de mission. Le régime avait par la suite changé d’avis car il avait peur de se retrouver en position d’être humilié par la flotte israélienne ou américaine, ce qui aurait alors été le chant du cygne de son rôle de défenseur de la rue arabe. Sa défaite aurait été totale si la Turquie s’en mêlait pour secourir ses navires de guerre. Dans l’incapacité d’agir sur le plan militaire, mais dans l’obligation d’agir quand même, il avait fini par annoncer l’envoi d’un navire humanitaire, ce qui ne changeait pas la donne car après l’affaire de la Flottille, son navire humanitaire devait nécessairement être accompagné d’un ou plusieurs navires de protection.

(la rumeur) | En annonçant un attroupement de navires américains et d’un bâtiment de guerre israélien sur la Mer Rouge, Washington plaçait un obstacle sur la route de cet envoi où la modeste flotte de protection des mollahs allait faire figure de coquille noix ! Le but était de priver Téhéran de l’envoi d’un navire pour le discréditer. La preuve de cette hypothèse est que les mollahs ont annoncé hier l’annulation du bateau humanitaire à destination de Gaza.

C’est une victoire pour Washington. Très pragmatiquement, Washington a programmé ce retour des tambours de guerre à un moment où la Russie a dénoncé les sanctions unilatérales américaines qui donnent l’avantage à Washington en menaçant de quitter les Six pour bloquer le processus. Très prudemment, Medvedev en visite aux Etats-Unis n’a pas commenté cette opération censée le pousser à plébisciter les sanctions unilatérales américaines.

Cette rumeur a sans doute une autre motivation pragmatique : elle arrive à un moment où nous assistons à une montée du mécontentement américain face à l’impression d’inactivité que donne Obama… C’est un bon coup d’énergie pour faire cesser les moqueries médiatiques (ci-dessous) afin de sauver l’aura américaine du président noir et presque musulman, un homme très utile pour enraciner les Etats-Unis en Afrique et dans le monde réellement complexe des musulmans…
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